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MAYOTTE Article publié le 2008-07-10  -  Economie Imprimer les brèves de la région

Mayotte : les taximen se réunissent pour se professionnaliser

Au cours du premier colloque sur le transport collectif à Mayotte, organisé mercredi 9 et jeudi 10 juillet, les propriétaires de taxi ont planché sur la professionnalisation de la filière, indispensable selon eux à leur survie.

 
Sur certains secteurs à l'écart des grands axes, il faut souvent s'armer de patience avant d'apercevoir un taxi... qui ne soit pas déjà bondé.

"Que de chemin parcouru" était le maître-mot lors de l'ouverture de ce colloque –le premier du genre- organisé par la section locale de la Fédération des artisans taxis de Baco Madi. "Que de chemin à parcourir" était celui de la clôture de ce même colloque, jeudi midi. Le secteur du transport collectif s'est considérablement développé ces trente dernières années –on compte aujourd'hui plus de 600 taxis sur l'île. "A la fin des années 60, nos compatriotes étaient transportés sur des banquettes –les fameuses 504 bachées. Depuis, ces transporteurs n'ont cessé de se moderniser et d'investir pour la sécurité des passagers, représentant un pan important de l'économie locale", a déclaré Mohamed Houlame, président de la Chambre des métiers et de l'artisanat (CMA) lors de l'ouverture de ce colloque. Cependant, "il y a encore beaucoup de problèmes à résoudre : les difficultés pour trouver et conserver des chauffeurs formés ; la capacité d'investissement pour des véhicules répondant aux normes européennes ; les difficultés pour trouver des subventions et des prêts bancaires…" Rappelant qu'entre le minibus coûtant 60.000 francs et les nouveaux modèles à 80.000 euros, il y avait un fossé énorme, il a regretté le peu d'aides publiques. En effet, malgré leur mission de service public –il n'existe pas de transport collectif public à Mayotte, excepté la barge qui relie la Petite à la Grande Terre-, les taxis ne touchent aucune aide. "Ce n'est pas normal et nous devons remédier à ce défaut", s'est indigné Alain Estival, président de la Fédération nationale des artisans taxis venu pour ce colloque.

Pourtant, "la question du transport collectif à Mayotte est au cœur du développement", a affirmé le député de Mayotte, Abdoulatifu Aly. Même s'il a regretté "le mauvais état des routes", la hausse du carburant et les difficultés de trouver les garanties nécessaires pour fonder sa société, comme l'impose la législation nationale entrée en vigueur le 1er janvier 2008 à Mayotte, le député a également pointé du doigt les taxis eux-mêmes.  "La réalité, c'est qu'aujourd'hui, le transport collectif est un droit en France, mais pas à Mayotte.  Aujourd'hui, un habitant de Mbouini [à l'extrême sud] qui veut venir à Mamoudzou en taxi doit se lever à l'aube et il ne sait pas à quelle heure il rentrera. Un habitant de Kaweni ne peut plus se faire déposer devant chez lui. Ce n'est pas normal ! Nous devons accepter de balayer devant notre porte." Une critique maintes fois entendue durant ces deux jours, les usagers s'étant invités à ce colloque. Parmi eux, notons ce témoignage d'un habitant de Mzouazia, au sud : "Je travaille à Mamoudzou et ma femme aussi. A raison de 12 euros par jour (6 euro l'aller et le retour) multiplié par deux, cela nous revient à 450 euros par mois !" Trop cher pour les plus petits revenus, de fait "écartés de la vie économique mahoraise concentrée à Mamoudzou", explique un agent administratif.

Conscients de leur rôle essentiel dans une île où une grande partie de la population ne possède pas de voiture, les taxis sont prêts à se "moderniser" et se "former" pour "répondre aux attentes de nos clients", affirme Baco Madi, mais aussi "pour éviter qu'un gros groupe viennent un jour transporter les gens à notre place"."Nous nous battrons pour cela" a-t-il ajouté. Mais entre la défense de leurs maigres marges –selon eux- et celle du portefeuille des usagers, "il faudra trouver une solution qui passe par des aides publiques", pense Baco Madi. Entre autres projets à l'étude : la mise en place d'un coopérative.

VM

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© Malango Actualité 2008- Reproduction soumise à autorisation


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Vos commentaires sur ce sujet

Delf. MAH. : Je voudrais rappeler que concernant la Reconnaissance de la Parole des Usagers, et dans le cadre d'une éventuelle rencontre par le biais d'un Colloque à réaliser de concert avec toute la population Mahoraise, ainsi que les institutions existantes, la précédente liste n'est pas assez exhaustive car, il y a sans doute des directions qui sont oubliées, mais, il convient de les associer également. De plus, de rajouter les Directeurs de la SOGEA Mayotte et EDM Mayotte (la prise en compte de la Parole des Usagers sur les Facturations).

En tout cas, il serait très important et très urgent, de commencer par là, avant de crier haut et fort, un statut de département, car un département, c'est d'abord, la reconnaissance de l'humain, de la personne et de l'individualité de chacun (e), dans sa liberté d'expression inspirée en 1946, en France et de ses droits très divers.

Ce département, devrait apporter des lois et des réglements en vue de satisfaire les besoins et attentes fondamentaux de la population Mahoraise, en lien avec l'ensemble des institutions existentes, publiques, privées et associatives.

Est-ce qu'il faut penser à un département pour Mayotte, en faisant directement du Copier-Coller avec une aculturation ou bien, un département conçu, envisagé, souhaité, sur la base de la conservation et adaptation de nos cultures et traditions, que choisir...?

Quoi qu'il en soit, la Parole des Usagers, ou l'Expression des usagers, demeure la première clé , voir la pierre angulaire pour permettre l'intégration et l'accompagnement de la population Mahoraise, ainsi que celui des institutions sur le futur statut de Mayotte, après le référendum de 2009.

Donc, cette reconnaissance de la Parole des Usagers, reste capital pour accompagner ces changements d'orientations politiques, économiques et sociales, car, il ne faut se leurrer.

C'est donc, maintenant, qu'il faudrait cogiter, réflechir, sur le devenir de Mayotte, en adéquation avec la Reconnaissance de la Parole des Usagers et de leur identité, sur les différentes dimensions. C'est l'une des toutes premières priorités à mettre en place.

Je m'avance encore pour dire que sans cette reconnaissance de la Parole des Usagers, même si le statut d'un département calqué sur le modèle de Haut de Seine (92) ne pourra améliorer les conditions politiques, économiques et sociales de Mayotte.

Il appartient donc, à l'ensemble des Mahorais de se remettre en question pour le devenir statutaire de Mayotte, qui à mon sens, devrait être conjugué , sur l'individualisme et le hollisme, .

Delf. MAH. : Je suis très heureux de voir maintenant que la Parole des Usagers commence à être prise en compte aujourd'hui à la Collectivité Départementale de Mayotte. Alors, je suis fier de mon combat sur la Reconnaissance des Usagers, au regard du passage de la logique Usagers-objets à Usagers-sujets, acteurs de leurs projets individuels, une réponse, par rapport au message concernant la DSDS du Conseil Général de Mayotte sur votre site.

Je me rassure que la prise en considération de cette Parole des Usagers se confirme peu à peu et elle trouvera bientôt sa place aussi bien à la DSDS du Conseil Général que dans toutes les administrations publiques et de leurs établissements publics que dans des entreprises privées et associatives.

Permettez-moi de citer ces quelques lignes qui me font réjouir, car elles incarnent une vérité : "Nous devons accepter de balayer devant notre porte. Une critique maintes fois entendue durant ces deux jours, les usagers s'étant invités à ce colloque".

Enfin, la Parole des Usagers, pour qu'elle soit effective et bien intégrée, il faudrait faire l'objet d'une programmation d'un Colloque dans la Salle des Délibérations du Conseil Général de la Collectivité Départementale de Mayotte, en fin Septembre et début Octobre 2008, avant la fin de l'année, afin de ne pas être très pris par le futur référendum d'avril-mai 2009.

Pour ce faire, il faudrait inviter toute la population de Mayotte et l'ensemble des acteurs institutionnels, tels que, le Préfet de Mayotte, le Président du Conseil Général de Mayotte et les tous les Conseillers Généraux, les Sénateurs (ancien et nouveaux), les Députés (anciens et nouveau), les Maires des 17 Communes et les municipalités, la Directrice de la DASS de Mayotte, le Directeur de l'Hôpital, le Directeur de la Caisse de la Sécurité Sociale de Mayotte, le Directeur de la CAF, le Directeur de l'INSSE Mayotte, le Directeur de la Poste de Mayotte, le Directeur de l'Agriculture de Mayotte, les Magistrats, le Vice Recteur de Mayotte, le Colonel de la Gendarmerie nationale, le Colonel des armées à Mayotte, le Commendant de la marine nationale, les Conseillers économiques et sociaux, les Présidents des Chambres Consulaires, le Directeur Général des Services de la CDM et les DGA, l'ensemble des Directeurs de l'administration et des entreprises privées, les Chefs de Bureau, les Chefs de Service, les salariés, les non salariés, les étudiants, les stagiaires, bref, la population mahoraise (jeunes et vieux "vieilles"), et surtout, personne ne doit être écartée, pour que cette Parole des Usagers soit bien comprise, fructive et utilisable par la suite.

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