Avant chaque scrutin, on assiste à cette scène émouvante d'une classe politique qui semble se frapper le front du plat de la main en s'exclamant : "Bon Dieu, on allait oublier l'Outremer!". Le ballet des visites commence alors, une "tournée des popotes", tentant de grapiller quelques voix de dernière minute.
Pour ce référendum, le Président himself est monté au crénau par le biais de la chaîne France Ô, la chaîne de l'Outremer pour s'adresser à ce vivier riche de 1 million 400.000 voix. C'est dire si l'heure est grave!
C'est une des caractéristiques des scrutins outremer et plus particulièrement à Mayotte où les élections non locales ne passionnent pas les foules. Ainsi, même les présidentielles de 2002 ont vu 59,2% des mahorais s'abstenir au second tour. Quant aux élections européennes de juin 2004, le taux d'absetention avait frôlé les 72% pour l'ensemble de l'outremer, et, pour le référendum sur le traité de Maastricht, avait atteint 94% sur l'île de Mayotte (Océan indien) et 83% en Guadeloupe.
Région la plus peuplée de l'Outremer, avec 480.000 électeurs inscrits, et qui de surcroît a affiché un taux de participation aux scrutins européens très souvent supérieur aux autres collectivités, la Réunion est particulièrement courtisée par les responsables politiques parisiens depuis le début de la campagne lancée en mars par la ministre de l'Outre-mer, Brigitte Girardin. Marie-Georges Buffet (PCF), Henri Emmanuelli (PS pour le non), Dominique Strauss-Kahn (PS pour le oui), Bernard Le Hideux (UDF), Claudie Haigneré (ministre des Affaires européennes), Bruno Leroux (PS), Christiane Taubira (PRG), Axel Urgin (PS), en attendant Harlem Désir (PS) font partie de ceux qui n’ont pas hésité à faire le déplacement ces dernières semaines.
Ce n'est certainement pas ce projet de Consitution Européenne qui va mobiliser les foule. Ce document de 484 pages totalement indigestes est à l'image de ce qu'est l'Europe actuellement : un énorme "machin", comme aurait dit De Gaulle, complètement déconnecté de la vie quotidienne des européens qui n'y voient qu'une suite de termes barbares, un salmigondis pour technocrates. Bref, un document plus juridique qu'une base apte à unifier l'ensemble disparate que représente l'Europe actuellement.
1. Lorsque la Constitution attribue à l'Union une compétence exclusive dans un domaine
déterminé, seule l'Union peut légiférer et adopter des actes juridiquement contraignants, les États membres ne pouvant le faire par eux-mêmes que s'ils sont habilités par l'Union, ou pour mettre en œuvre les actes de l'Union.
2. Lorsque la Constitution attribue à l'Union une compétence partagée avec les États membres dans un domaine déterminé, l'Union et les États membres peuvent légiférer et adopter des actes juridiquement contraignants dans ce domaine. Les États membres exercent leur compétence dans la mesure où l'Union n'a pas exercé la sienne ou a décidé de cesser de l'exercer.
3. Les États membres coordonnent leurs politiques économiques et de l'emploi selon les modalités prévues par la partie III, pour la définition desquelles l'Union dispose d'une compétence.
4. L'Union dispose d'une compétence pour définir et mettre en œuvre une politique étrangère et de sécurité commune, y compris la définition progressive d'une politique de défense commune.
5. Dans certains domaines et dans les conditions prévues par la Constitution, l'Union dispose d'une compétence pour mener des actions pour appuyer, coordonner ou compléter l'action des États membres, sans pour autant remplacer leur compétence dans ces domaines.
Les actes juridiquement contraignants de l'Union adoptés sur la base des dispositions de la partie III relatives à ces domaines ne peuvent pas comporter d'harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des États membres....
Le Royaume d'Espagne contribue, en huit tranches égales venant à échéance à ces dates, aux réserves et aux provisions équivalant à des réserves, ainsi qu'au montant encore à affecter aux réserves et aux provisions, constitué par le solde du compte de profits et pertes, établis à la fin du mois d'avril 2004, tels qu'ils figurent au bilan de la Banque, pour des montants correspondant à 4,1292 % des réserves et des provisions.
Qui peut avoir envie de valider ce genre de texte?
Comment peut-on demander aux européens de se mettre d'accord sur un projet commun alors que les politiques n'ont même pas été capables de s'accorder sur le mode de consultation? Par voie parlementaire ici, au suffrage universel par là... Et tout cela à des dates s'étalant sur une année! Le simple bon-sens n'aurait-il pas voulu que cette action commune jetant les bases de la création d'un ensemble cohérent se fît de la même manière, le même jour?
Les électeurs partisans du non exprimeront plus un ras-le-bol de l'administration tâtillonne de Bruxelles qui passe son temps à déterminer la taille des caratères imprimés sur les étiquettes d'emballage, à vouloir imposer des fromages stérilisés, se pliant ainsi au diktat américain, plutôt que de se pencher sur les vraies préoccupations des européens : emploi, enseignement, santé, maintien des services publics.
Comment les électeurs européens pourraient-ils faire confiance à une structure incapable de faire entendre sa voix face aux américains qui continuent de faire la pluie et le beau temps dans la jungle économique qu'ils ont créée, décidant de mesures protectionnistes pour préserver leur marché tout en imposant l'idée de marché unique, s'octroyant le droit de vendre partout dans le monde, aux prix qu'ils auront fixés?
Enfin, comment espérer l'unité des peuples européens quand un des principaux arguments avancés paar les partisans du "OUI" français est : "il faut voter OUI pour que la voix de la France soit prépondérante au sein de l'Europe". Soyons sérieux et mettons-nous à la place des autres pays européens qui ne peuvent voir là qu'une tentative de mainmise de la France sur l'Europe.
Il en faudra plus, beaucoup plus que d'agiter l'épouvantail d'une catastrophe annoncée en cas de victoire du non pour que les français leur face confiance et suivent leur consigne de vote. Accepter ce texte incompréhensible pour un non initié nécessite une traduction qui ne peut être faite que par des spécialistes, autrement dit par des politiques.
Peut-on accepter un texte quand on n'a pas confiance dans le traducteur?
Les résultats du Référendem sur le projet de Constitution Européenne